L'informatique dans l'action sociale est un des domaines les plus concernés par les lois informatique et libertés de part les informations nominatives traitées concernant les demandeurs ou bénéficiaires d'action sociale et leurs familles.
Les informaticiens de l'action sociale ont une tradition de respect de la lois informatique et libertés et de travail avec la C.N.I.L., depuis les projets AUDASS, GAMIN, premières applications ayant fait l'objet d'un avis défavorable. Les plus grands projets font l'objet d'un travail préalable avec la C.N.I.L. D'une manière générale, les concepteurs intègrent une connaissance de la loi informatique et libertés et pratiquent une « auto » limitation des informations gérées. Il est moins coûteux d'anticiper sur la protection des données, que d'être obligé de modifier un progiciel terminé. L'informatique de l'action sociale gère un grand nombre d'informations par dossier, beaucoup plus que tout autre domaine et comprend souvent des traitements complexes, pour parvenir à des paiements de prestations. Dans un tel contexte, toute information superflue a peu de chance de pouvoir être utilisée.
Toutes les informations sont regroupées, tout en étant disponibles simultanément dans plusieurs lieux. Plus de saisies multiples, moins d'oublis, une information qui circule plus aisément et que l'on retrouve plus facilement.
Une analyse de l'activité facilitée, à tout moment, pour savoir précisément où l'on en est (sur l'accueil, la facturation, l'activité, les personnes, le personnel, etc). Les statistiques annuelles peuvent être extraites à partir des informations entrées tout au long de l'année (un peu comme un contrôle continu au lieu d'un examen de passage).
Moins de temps passé à l'administratif permet de dégager du temps pour les activités éducatives et l'amélioration de la qualité du travail social.
L'utilisation des outils informatiques, sans changer le fond du travail et du fonctionnement d'un établissement, nécessite une mise à plat du travail et une formalisation des tâches, qui s'avèrent le plus souvent positives. C'est une clarté qui est introduite dans le travail, une plus grande lisibilité et une traçabilité des actions, au profit de la qualité du travail et du mieux-être des personnes accueillies.
L'informatisation, c'est aussi le réseau, le partage, la mise en commun et la proximité malgré l'éloignement.
Quand on s'informatise, surtout pour la première fois, on commence toujours par perdre du temps. Il faut saisir les données, comprendre le fonctionnement du logiciel, accepter l'outil et se l'approprier. Mais ce temps perdu se rattrape dans un deuxième temps, largement, et ce qui était un inconvénient devient un avantage.
L'informatique impose un changement dans la manière de travailler, ce qui n'est pas toujours facile à accepter. L'outil demande un certain temps d'apprivoisement, faute de quoi il peut paraître inutile. Il n'est utile que s'il est utilisé, et peut faire un excellent bouc émissaire.
C'est là sans doute le principale inconvénient de l'informatique : on n'est jamais à l'abri d'une panne, d'un problème informatique. La maintenance est cependant là pour assurer un suivi, mais elle ne peut résoudre que les problèmes liés aux logiciels. Et comment faisait-on avant quand la secrétaire partait en congé et que personne ne s'y retrouvait plus ?
Le regard sur l'individu pris en charge a changé. Ses droits sont mis en avant, notamment le droit de regard sur son dossier. La législation, en protégeant les individus, a bousculé le regard sur les informations les concernant. Objet de pouvoir, l'information peut aussi être objet de partage. Or l'informatique, c'est d'abord un outil de partage d'informations... sous conditions.
Mettre en oeuvre un nouveau système d'information informatisé, c'est impulser une action de changement. Pour redéfinir leur stratégie, leur pouvoir, leur espace de liberté les différents acteurs se trouvent souvent confrontés à la modification des zones d'incertitude et des contraintes et à la redéfinition des règles du jeu dans le travail.
Au-delà des outils, l'un des grands changements d'organisation du travail actuel est la place centrale du projet. Le travail n'est plus considéré comme une suite de tâches à exécuter, il s'inscrit dans un cadre délimité, formalisé, avec des objectifs à atteindre, des moyens, une évaluation, une analyse de l'activité... A travers des démarches qualité, des méthodologies se mettent en place, appuyées sur des outils théoriques et pratiques.
La dernière étape de la mise en oeuvre d'un système d'information informatisé, la formation des utilisateurs, est cruciale, faute de quoi on risque de se trouver face à un outil pas ou peu utilisé. Pourquoi ne pas l'envisager comme un processus de formation-action ?
Des contraintes et un suivi.
Objet de fantasme, positif ou négatif, l'informatique concentre les réactions contradictoires des personnes face à un changement craint tout autant que désiré.
Réalisation William Dodé
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Graphisme Charlotte Lambert
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